Chapitre 2 de notre dossier sur la prévention des TMS dans les établissements de santé

Nous l’avons vu dans notre premier article, les conséquences des TMS sont lourdes à plusieurs niveaux :

  • pour le personnel touché qui en souffre,
  • pour le personnel non directement touché mais qui subit une surcharge de travail et souvent de stress,
  • pour l’établissement sur un plan organisationnel et financier,
  • et pour les résidents qui peuvent en pâtir dans la qualité des soins.

Il est réellement primordial d’identifier les facteurs de risque pour mettre en place des solutions permettant de prévenir les TMS.
Mais nous pouvons aller encore plus loin car les TMS sont intimement liés à d’autres facteurs de risques tels que les facteurs psychosociaux ou les facteurs organisationnels. Les supprimer permet donc d’enrayer toute la chaîne des risques professionnels.

En tant que professionnel de l’aménagement des établissements de santé, nous nous concentrerons sur les spécificités de ce secteur.

Première étape : identifier les facteurs de risques des TMS dans le cadre d’un établissement de soins.

Le quotidien du personnel dans les hébergements médicalisés pour personnes âgées oscille souvent entre joie et tristesse, bonheur et souffrance. Les métiers de soignant et d’aide-soignant apportent une vraie gratification dans l’échange humain et le soulagement apporté à ces personnes souvent dépendantes et isolées. Mais ils sont également confrontés à des situations de détresse et de stress.
Ajoutée des sollicitations physiques importantes et vous avez le terrain parfait pour le développement des risques professionnels.

Ce n’est donc pas surprenant si les TMS interagissent avec d’autres facteurs comme l’organisation interne du travail, le climat social ou encore le stress. Tout est relié.

Agir sur les causes des TMS et permettre leur suppression conduirait donc à l’amélioration générale des conditions de travail.

Source INRS - Modèle de la dynamique d'apparition des TMS

Les facteurs de risques des TMS

L’activité quotidienne et physique du personnel des établissements de santé est naturellement cause de TMS :

  • Forte répétitivité des gestes,
  • Port de charges lourdes
  • Positions longues et inconfortables

Aider des personnes dépendantes pour tous les actes simples de la vie quotidienne peut devenir jour après jour difficile et douloureux pour le personnel. Aide au lever, aide au coucher, aide à l’habillage, aide au déplacement etc… Ces sollicitations sont d’autant plus préjudiciables selon le degré de dépendance, le poids, l’état psychique de la personne aidée (certains résidents pouvant être sujet à des violences ou des actes de démences).

Les conséquences des TMS sur les autres facteurs de risques

Les TMS constituent un axe important de la pénibilité au travail dans le secteur médico -social et les répercussions sont souvent multiples.
La douleur fréquente conduit à une démotivation du personnel touché et à une dégradation du climat social au sein de l’établissement.
Les TMS fragilisent le corps et plus particulièrement les articulations (poignets, épaules, coudes) et multiplient ainsi les accidents du travail. De là, s’enchaînent les absences et une forte incidence sur l’organisation du travail et la qualité des soins. Tout ceci pouvant mener jusqu’à l’abandon du métier dans de nombreux cas.

C’est un engrenage dont il est difficile de s’extraire si on ne met pas en place un plan d’actions ciblé.

Deuxième étape : actionner les bons leviers pour combattre les TMS

Pour instaurer une politique de prévention des TMS, il s’agit en premier lieu de définir précisément la situation face à laquelle se retrouve le personnel. Autrement dit, il s’agit d’évaluer pour chaque établissement voire pour chaque service les facteurs de risques professionnels.

(Nous reviendrons dans un prochain chapitre sur les outils et les organismes d’aide à l’élaboration d’un diagnostic).

Globalement on peut identifier 4 leviers pour agir :

La conception architecturale des Ehpad est le premier moment au cours duquel il est important d’anticiper les risques. Et ceci doit aller jusqu’à l’aménagement intérieur des espaces de vie (salle à manger, salon, chambres etc…). En effet, la circulation dans les pièces, les obstacles (poteaux mais aussi mobiliers) peuvent rendre difficile les déplacements aussi bien pour les résidents que pour le personnel. L’aménagement du lieu de travail peut être cause d’accidents.
Pour éviter au maximum ces risques, il est important de faire appel à un bureau d’études qui propose un aménagement intérieur adéquat aussi bien pour la fonction de la pièce que pour le travail du personnel. Chez DLM Créations, nos architectes d’intérieur élaborent des projets sur-mesure en 2D et 3D en fonction de l’espace, des univers et des populations concernées. (cf. itw d’Emmanuel notre architecte d’intérieur).

Plan 3D
Aménagement espace plan 3D

L’équipement et l’aménagement des postes sont également des leviers sur lesquels on peut agir facilement pour prévenir les TMS.  En effet, l’un des premiers facteurs de risques des TMS est le niveau de dépendance des personnes. Plus l’établissement sera doté d’équipements et de mobiliers permettant de maintenir l’autonomie du résident, plus l’aidant pourra restreinte des gestes répétitifs et physiquement douloureux.

DLM Créations a élaboré la gamme Ergomodel qui regroupe nos innovations dédiées à la suppression des TMS et nombre de ces concepts garantissent l’autonomie du résident. Ainsi l‘Ergomodel Gliss adapté aux chaises et aux bridges permet aux personnes âgées de se rapprocher et de sortir de table toutes seules. Elles n’ont plus besoin de solliciter l’aidant. Ce dernier élimine alors des gestes pour pousser ou tirer les séniors sur du mobilier souvent lourd. Il gagne également du temps ce qui permet de diminuer le stress lié à l’urgence.

L’organisation du travail a également une grande importance sur les facteurs de risques. La désorganisation provoque souvent stress et urgence. Le personnel court partout et multiplie les possibilités de faire des erreurs ou de provoquer des accidents. Gagner du temps devient un enjeu primordial pour soulager les journées de ce personnel très demandée.
Préserver son environnement de travail, la propreté des lieux et donc la facilité à les maintenir propre, disposer de grands espaces de rangements et d’un mobilier solide ; sont autant de moyens de prévention  qu’il est nécessaire de prendre en compte dans son plan d’actions.

Les TMS ne sont pas une fatalité dans les établissements de santé mais ils sont aujourd’hui une réalité qui mettent en danger le personnel et qui pénalisent les établissements et les résidents. Mettre en place une politique de prévention est indispensable. Il existe aujourd’hui des aides pour évaluer les facteurs de risques mais aussi pour aider financièrement à la mise en place du plan d’actions. Nous aborderons ce point dans le troisième chapitre de notre dossier consacré aux TMS.

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